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L’allaitement : ce que j’ai envie de vous dire à vous qui voulez vous lancer !

Loin de moi l’idée de vous donner des conseils ou autres… mais voilà, j’allaite mon deuxième enfant et depuis longtemps, je me dis qu’il faudrait expliquer clairement aux futures mamans ce que c’est la réalité d’un allaitement 😉 ! Qui n’a pas déjà lu 12 articles qui expliquent à quel point l’allaitement est merveilleux, facile, pratique et à quel point vous vivrez des moments inoubliables avec bébé ? Alors oui, tout cela est vrai… mais pas forcément au début !! Souvent les débuts sont difficiles et déroutants et il faut le savoir ! Vous ne réussissez pas tout de suite ?  c’est normal ! Vous pensez que vous n’êtes pas capable d’allaiter ? C’est normal ! Mais vous en avez envie ? Alors ne baissez pas les bras, accrochez-vous ! Vous n’en ressortirez que plus heureuse car ça en vaut vraiment la peine.

Si vous me lisez, c’est que vous avez ENVIE d’allaiter ou que vous en êtes aux débuts et que vous cherchez du réconfort ;-). Le but de mon article n’est en aucun cas de prôner l’allaitement, et encore moins de le désacraliser. Simplement de dire haut et fort ce qu’il en est. Pour moi, chacun est libre et le plus important est de ne surtout pas se forcer !

Une ancienne collègue, que je considère un peu comme une seconde grande soeur, m’a dit un jour (alors que j’étais ronde comme un ballon) : “allaiter c’est teeeeeellement formidable ! Mais t’imagines pas ce que c’est horrible au début !”. Ben elle ne le sait peut-être pas mais cette petite phrase m’a permise de m’accrocher et de combler de bonheur ma petite vie de maman. J’ai fait ce que j’avais envie de faire, sans abandonner  pendant les moments difficiles du début car je savais que le départ n’était pas tout rose ! Merci Mélanie ! Et c’est exactement le but de tout ce blabla ci-dessous : vous faire résister au démarrage tumultueux pour vous faire vivre une épopée merveilleuse !

Allaitement ou biberon, peu importe votre choix, l’important est que bébé grandisse dans les bras d’une maman épanouie et aimante !

J’ai eu la chance de pouvoir arrêter mon travail pour me consacrer à 100% à ma famille. Du coup, sans le stress de la reprise du job, il était pour moi évident que je devais allaiter. L’allaitement est une merveilleuse aventure qui commence parfois sur les chapeaux de roues mais qui nous comble de bonheur lorsqu’on arrive à le mener à bien.

Les passages difficiles

Loin de moi l’idée de vous en dégoûter ! Mais je souhaite vous faire part des étapes difficiles (ou du moins pas trop évidentes) que j’ai traversées pour vous prouver ensuite que tout cela est momentané et que vous n’êtes pas la seule, même si pas grand monde n’en parle 😉 Rappelez-vous : la plupart des vrais inconvénients passent au bout de quelques jours ou au pire de quelques semaines ! On ne va pas rentrer dans les détails scientifiques que vous trouverez sur d’autres sites, mais on se concentrera plutôt sur notre ressenti de maman ;-).

  1. A la maternité : difficile de sortir son sein les premiers jours alors qu’on n’est pas forcément en grande forme (même carrément pas parfois) et que de surcroît il faut faire face à  32 visites par heure (et souvent des personnes qui ne comprennent pas les raisons de notre choix). Déjà, on est maladroite comme pas possible avec ce tout petit minouchon qu’on ne sait pas comment tenir et on a l’impression que toutes nos visites feraient nettement mieux que nous… N’ayez pas peur d’être jugée ! Les personnes qui ont allaité comprendront parfaitement. Pour les autres personnes qui vous conseillent, avant d’avoir commencé, d’arrêter tout ça, ne vous faites pas de bile, c’est simplement qu’elles n’ont pas eu la même envie que vous et n’arrivent donc pas à comprendre votre détermination. Ne vous braquez pas et ne vous énervez pas non plus. Elles finiront par accepter ;-). Vous pouvez tout aussi bien sortir allaiter dans une pièce prévue à cet effet. Il y aura peut-être quelques indignations mais l’important est de nouer les premiers contacts avec votre bébé, pas de savoir si vous choquez vos proches.
  2. La montée de lait : elle peut être relativement inconfortable. Elle survient quelques jours après la naissance de l’enfant. Les seins sont tendus, chauds et très sensibles. Elle arrive parfois avec une fièvre modérée. Ne vous en faites pas, elle durera seulement 2 à 3 jours. Mettez votre bébé aussi souvent que vous le voulez au sein.
  3. Les crevasses : généralement dues à une prise en bouche incorrecte du bébé, elles peuvent être un calvaire pour la maman.  Entourez-vous de personnes qui s’y connaissent réellement afin qu’elles vous montrent comment s’y prendre correctement. Le problème sera vite réglé. Fuyez les téterelles, elles ne feront qu’empirer le problème ! Vous n’avez pas besoin de 36 crèmes pour calmer le mal et cicatriser la peau. Un peu de lait maternel utilisé en guise de crème sera bien plus efficace. Changez régulièrement la position du bébé et vos coussinets d’allaitement.
  4. Les contractions utérines : Lorsque bébé tête, l’utérus se contracte pour retrouver sa taille initiale. La douleur peut également être perçue plus ou moins violemment. On lit partout que pour le second enfant, les douleurs sont plus vives. Ayant eu des contractions dignes de celles de l’accouchement, j’étais relativement angoissée de ce qu’elles allaient être pour la petite puce…. Sincèrement, elles n’étaient pas plus violentes. Ici aussi, il faut être patiente, au bout de quelques jours, ça sera de l’histoire ancienne et vous aurez un joli petit utérus trop kikinou 😉
  5. Le réflexe d’éjection du lait : Alors voilà un point qui me tient à coeur. Avoir beaucoup de lait c’est bien. Mais lorsqu’il arrive très vite, très fort, cela peut être un énorme élément perturbateur du bon déroulement de l’allaitement. Parfois, le bébé se retire violemment en arrière en hurlant car le lait arrive trop vite et il s’étouffe. Au moment où il se retire, il se retrouve aspergé de lait. Le meilleur moyen de l’aider est de le retirer quelques instants lorsqu’on sent que le lait arrive en force et de le reconnecter ensuite 😉 Mais comment savoir à quel moment cela arrive ? Ce réflexe survient peu de temps après le début de la têtée (d’après mes souvenirs, environ une minute après le début). Nos seins nous le signalent par des “fourmillements”. On lit partout qu’il est possible de ressentir quelques picotements dans les seins. Alors qu’on se le dise, ces “picotements”, comme ils les appellent si tendrement, peuvent être à l’origine d’une bonne chialée à chaque têtée ! Si vous vous surprenez à serrez les dents et les fesses à chaque début de têtée, sachez que vous n’êtes pas la seule ! Ca arrive aux autres aussi ! Si si ! Ma puce a un peu plus de 6 mois à l’heure où j’écris ces lignes et ce réflexe d’éjection du lait est toujours présent (bien que nettement moins fort que pour le premier bébé) – par contre, il n’y a plus aucune douleur depuis longtemps !! Mais même si elle s’étouffe encore régulièrement, en grandissant, elle gère nettement mieux le débit 😉 Elle sait quand le lait arrive et gère ça comme une championne ! Au début de l’allaitement, ce réflexe arrive à tout moment de la journée, entre les têtées. En pleine discussion avec quelqu’un, vous sentez tout à coup le lait qui arrive. Ca peut vous en couper la parole ! Vous serrez vos dents et attendez un moment que ça passe. A ce moment, le lait coule assez fortement. C’est pour ma part l’inconvénient le plus désagréable. Ici, il a duré un peu plus d’un mois, voire même presque 6 semaines… mais rassurez-vous, la douleur (oui oui je parle de douleur) est dégressive. Après le premier mois, tout rentrera dans l’ordre et les têtées ne seront absolument plus douloureuses ! Un vrai bonheur ! Certaines mamans ne ressentent absolument rien ou juste quelques petits picotements.
  6. Les fuites de lait : Avant l’étape magique de la lactation automatique, on peut avoir de grosses fuites de lait. Surtout si on a un REF. A chaque têtée, l’autre sein coule à flot. Il suffit d’utiliser des coussinets d’allaitement que l’on change à chaque têtée. Les coussinets lavables sont préférables. Il les faut de grande taille (même si vous avez des seins rikiki comme les miens) ! 😉 Lors de la lactation automatique, vos seins ne sont plus du tout tendus, vous n’avez plus aucune douleur pour allaiter. Même pas de gêne particulière. Vous n’êtes plus non plus inondée à tout moment.
  7. La peur de manquer de lait : A la maternité, on vous alarme rapidement si votre bébé perd du poids. On vous dit souvent que vous n’avez pas assez de lait et qu’il faudra probablement compléter avec des biberons ! Mais il est tout à fait normal de ne pas avoir de lait au début ! Les sages-femmes les plus averties vous le diront : patience ! Bébé ira bien ! Seul le colostrum est sécrété les premiers jours. Ce liquide bourré d’anticorps et de tout ce que bébé à besoin n’est pas non plus déversé par litres ! Quelques gouttes à la fois suffisent au bébé. Pour avoir du vrai lait en suffisance, il faut attendre la montée de lait ! Et celle-ci n’arrive pas en quelques heures. Elle se déroule entre 3 et 5 jours après la naissance de bébé. Et oui ! Ne culpabilisez surtout pas. Ca va venir et bébé se rattrapera, faites-moi confiance 😉 Il y a une règle d’or dans l’allaitement : à moins d’un réel problème de manque de lait (hyper rare), ne complétez pas avec des biberons. La régulation du lait se fait avec les têtées de l’enfant. Plus il boit, plus vos seins produiront ! La nature est bien faite ! Donc en remplaçant une têtée par un biberon, vous empêchez vos sein de connaître les besoins réels de votre enfant. Mon premier enfant prenait son repas en 5-6 minutes. La deuxième fait 2x 5 minutes par repas. Ils boivent très très vite. C’est déroutant. Surtout que les deux se retiraient en pleurant. Mais avec le temps et l’aide de ma pédiatre, j’ai compris que c’est simplement qu’ils avaient assez à manger. N’achetez pas de balance ! Pour savoir si bébé mange bien, vous pouvez juste l’écouter. On distingue clairement le glou-glou-glou quand il avale le lait. Lorsqu’il tête plus longuement (plus de 10 minutes), il fait plus d’efforts et l’intervalle entre chaque déglutition se rallonge. Vos contrôles réguliers chez le pédiatre suffisent pour savoir si votre bébé grandit bien. Et n’oubliez pas, même des tout petits seins rikiki comme les miens produisent amplement assez de lait ! La clé : mettre le bébé au sein dès qu’il a faim. Petit à petit les têtées s’espaceront naturellement.
  8. La peur que le lait ne soit pas assez nourrissant : quand on a enfin compris qu’on a assez de lait et qu’il n’y a en aucun cas besoin de biberons, on commence à se douter de son pouvoir nourrissant ! Mais la nature est bien faite ! Soyez-en sûre ! Si vous mangez correctement, la question n’a pas à être posée ! No stress !
  9. Le bébé qui pleure sans arrêt : Alors là, vous allez voir, ça sent le vécu pour moi 😉 Mon premier bébé a pleuré sans arrêt pour diverses raisons dont certaines que j’ignore probablement encore maintenant (violent RGO, eczéma, agitation extrême,…). Bref, il pleurait tout le temps. Il est un défit de la parentalité à lui tout seul ! Et lorsqu’on est un peu seule avec sa volonté d’allaiter son bébé, c’est difficile ! Heureusement que j’ai un mari qui me soutient à 100 % et qui ne m’a jamais fait douter de ma capacité à nourrir nos enfants et m’a toujours encouragée. Mais combien de fois j’ai entendu : “mais donne-lui un biberon !”, “ah, il pleure. Il a faim !”, “mais nooon, tu donnes encore le sein ??”, “mais quoi ? t’es sûre que tu as encore du lait ? il est grand !”… Déjà, pour nous, c’est dur. On se sent envahie par les doutes : “et si c’était vrai ? S’il avait vraiment faim ?”. On rumine beaucoup. Ensuite, aux yeux de l’entourage, on passe pour la mauvaise mère qui se braque et s’acharne sur l’allaitement alors qu’on a un bout de chou qui crève la faim… On commence à tirer des litres de lait pour voir ce que bébé boit réellement. On donne à contre-coeur les biberons de lait tiré et on s’aperçoit que bébé boit effectivement bien et qu’il pleure quand même….. du coup une nouvelle idée envahit l’esprit de l’entourage : “le lait n’est pas assez nourrissant !”. On culpabilise encore plus…. Et un jour (peut-être avec d’autres raisons qui s’y ajoutent), on décide de passer gentiment au sevrage… Car on n’en peut plus de se prendre le chou à se demander si ça ne serait en effet pas l’allaitement qui cause les pleurs, l’eczéma,…. Au début du 7e mois, j’ai sevré…. à 12 mois, il a arrêté net, du jour au lendemain, de pleurer ! Comme quoi…. Y a pas que la faim qui fait pleurer les bébés ! Par contre, la nature m’a envoyé une petite pépette hyper facile, qui ne pleure que lorsqu’elle a faim ou qu’elle est fatiguée… Qui tête bien. Qui donne des signaux clairs de faim ou, de fatigue ou d’ennui… Ben ça paraît rien comme ça, mais ça aide fortement à reprendre confiance dans mon rôle de maman. Tout est teeeeellement plus simple ! C’en est même presque trop facile !
  10. L’engorgement, la mastite : je vous invite à lire mon article sur le sujet s’il vous intéresse. Sachez toutefois qu’après trois mastites (avec grosse fièvre et tout le tsouin-tsouin) pour le premier enfant, j’étais un peu découragée…. Alors que j’avais l’impression de faire les choses comme il faut. Pour le 2e, juste un micro engorgement au début de l’allaitement, puis plus rien !

 

Voilà, comme ça vous savez tout sur les ennuis que l’on peut rencontrer en début d’allaitement…. mais vous savez surtout qu’ils ne dureront pas et qu’allaiter peut ainsi devenir une merveilleuse aventure !

 

 

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